
Brink est sorti tant bien que mal depuis deux semaines, et a récolté jusqu’à présent des avis très partagés. En plus des bugs du début, dont les plus gênants ont été corrigés, il y a un gameplay riche mais parfois confus et qui demande un certain temps d’adaptation. Le temps nécessaire pour que chacun trouve ses repères au niveau des armes, pas toujours convaincantes, des classes de persos, parfois bâtardes et nécessitant de se spécialiser pour être vraiment efficace. Il y a aussi la possibilité de glisser et sauter un peu partout, qui est au début assez amusante mais aussi déroutante. Puis par la suite s’avère moyennement utile en fait, même si cela change beaucoup des classiques déplacements plutôt linéaires dans les autres FPS.
Une fois qu’on a saisi le principal concernant le matériel et son personnage, reste à se faire aux cartes. Celles-ci sont le coeur du jeu. Au début on meurt beaucoup, et bêtement. Petit à petit on meurt toujours souvent, mais au moins on commence à connaître le terrain.
Tout comme le reste des graphismes du jeu, les cartes sont très belles. Par contre ni le studio ni l’éditeur n’ont pensé à en faire une présentation autre qu’épisodique, au travers de vidéos où l’on découvre des bouts de ci ou ça entre deux explications du gameplay. C’est particulièrement dommage pour un jeu où tout est question de jouer en équipe et d’accomplir plusieurs objectifs, de différentes manières selon la tournure de la situation et le niveau de vos adversaires.
Car il y a à peu près tout le temps plusieurs moyens de progresser dans chaque bataille. D’une part ceux qui peuvent grimper à différents endroits, c’est à dire les personnages de moyenne et surtout petite corpulence, qui ont la possibilité d’emprunter quelques chemins plus ou moins écartés de la « route » principale. Dans Container city il est possible au début de débloquer une porte, ou plus loin de rafistoler un escalier histoire de contourner les principales positions défensives. Évidemment pour ceux qui défendent, la vie est un peu plus simple. Surtout que l’objectif principal de chaque mission nécessite vraiment que les assaillants agissent en se coordonnant au maximum (donc y compris en maximisant les bonus de soins et de dégâts, ce que ne manqueront pas de faire les défenseurs). Brink favorise beaucoup le jeu en équipe, bonne idée. Il va néanmoins falloir pratiquer avant d’avoir les bons réflexes.
Il y a pour l’instant 8 cartes différentes dans Brink. En juin un DLC gratuit en ajoutera une ou plusieurs, ainsi que de nouveaux vêtements pour ses avatars, et même peut-être des armes ou des compétences en plus. Ainsi que probablement des niveaux supplémentaires pour faire progresser son personnage (la limite actuelle est au niveau 20). Dans la campagne « solo » (en fait surtout un terrain d’entrainement pour le multi, même si on peut y découvrir des bribes de l’histoire de l’Arche) chacune de ces cartes fait l’objet d’une mission jouée deux fois, avec une variation selon le camp dans lequel on joue. Le solo permet aussi de récolter facilement beaucoup d’XP.
Container city est une carte plutôt originale, se déroulant en quatre étapes. Elle prend pour décor un bidonville installé au niveau de l’un des anciens quais où était déchargés les marchandises arrivant sur l’Arche. Quand les réfugiés ont commencés à affluer, les fondateurs de l’Arche ont installé à cet endroit une bonne partie de la population. Les lieux se sont vite transformés en une petite ville faites de bric, de broc, et de grands conteneurs métalliques entassés l’un sur l’autre. Et maintenant complètement rouillés, ou rongés par le sel marin.
La Résistance est née dans ce bidonville et en a fait sa principale base d’opération.

On trouve souvent des détails amusants, ajoutant à l’ambiance dans le décor de chaque carte, comme cette boutique de kebabs dans le screenshot ci-dessus. Certes on a en général peu le temps de s’attarder à observer le décor…
Les forces de sécurité de l’Arche doivent pénétrer dans ce bastion ennemi pour y récupérer un vaccin volé par la résistance pour se protéger d’une maladie (ou d’une attaque bactériologique). L’assaut se déroule en cinq étapes. Primo, faire sauter le portail menant à l’intérieur du bidonville. Deuxio, escorter un robot de maintenance jusqu’à une grue au milieu de la cité ; ce robot servira un peu plus loin à ouvrir un conteneur dissimulant le vaccin. Tertio, il faudra réparer la grue pour permettre au robot de franchir une sorte de douve. Quatro, finir d’escorter le robot jusqu’à son objectif, prendre une valise contenant le vaccin et … Quinto repartir à mi-chemin, au niveau de la grue prendre un hélicoptère pour vous enfuir.

Vue aérienne. Le bâtiment au milieu est un navire échoué.
Ci-dessous, la vidéo d’IGN commentée par un développeur résume assez bien l’ensemble de l’action sur cette carte. Pour l’instant Brink me laisse perplexe. Les cartes, quoique belles, ont des faux airs de grands espaces. Si il y a bien plusieurs chemins possibles, les zones de jeu sont de toutes façons souvent trop petites, car découpés par des objectifs situés en début, milieu et fin de parcours, pour que l’ont ait vraiment une grande liberté d’action. L’avantage est que quand les objectifs s’enchainent bien (donc que les deux équipes sont équilibrées), on a effectivement le sentiment de progresser au travers d’une mission, et, très brèves cinématiques à l’appui, de jouer une petite histoire.
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Ce n’est pas qu’il n’y ait pas plusieurs choix dans la manière d’aborder chaque carte, c’est que sauf cas particuliers les alternatives ne sont pas déterminantes. Tout dépend beaucoup de l’équipe avec laquelle vous allez jouer. Ainsi que de vos adversaires. Avoir en face de vous des assaillants débutants garantit presque la victoire, mais transforme la partie en une longue suite de tirs aux pigeons. Idem si les défenseurs sont des bleus … sauf que la victoire arrivera plus vite.
En théorie on devrait pouvoir grimper un peu partout sur les conteneurs rouillés, en pratique il n’y a pas tant d’options que ça pour jouer avec l’agilité. Il y en a bien sûr, mais c’est en jeu moins prononcé que ne le prétendent les développeurs. D’autres cartes sont plus amusantes pour exploiter les mouvements spéciaux dans Brink.
Container city ne représente d’ailleurs pas toutes les cartes de Brink, qui sont dans l’ensemble relativement variés. Néanmoins on y retrouve toujours les même défauts du gameplay, un peu trop déséquilibré en faveur des défenseurs. Ce constat n’est pas systématique, mais revient fréquemment. Et n’est pas sans susciter par moments une certaine frustration.
Quelque part c’est à se demander si ce n’est pas le moteur de jeu qui du fait de ses limites à contraint Splash Damage a faire des compromis un peu bancals. Ou peut-être qu’il faut plus d’une bonne quinzaine d’heures de jeu pour s’habituer au style particulier des combats dans Brink.
Pour clore ce survol, voici quelques images diverses de Container city et un autre extrait de gameplay :

L’embarcadère avant qu’il ne tombe en ruines.

Vue de l’Arche. Container City est la partie en blanc à droite.
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La vidéo suivante permet d’apercevoir le tout début des combats, quand les forces de sécurité doivent détruire le portail (qui coté défenseur peut être couvert en plus par une mitrailleuse, même si celle-ci sont moyennement efficaces, sans soutien de vos coéquipiers). Les assaillants ont beau avoir deux options pour contourner, un couloir à gauche du portail, une plateforme à droite du portail, entre les mines, les tourelles des ingénieurs, les pluies de grenades et les rafales qui fusent de toutes parts, si les défenseurs s’organisent bien, cela peut devenir un enfer pour les assiégeants. D’autant plus que pour que le robot avance, les attaquants doivent d’une part rester à coté de lui, donc faire des cibles faciles, et d’autre part le réparer quand il est endommagé par les tirs adverses.
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Au pied de la grue (en bleu à gauche) la plate-forme où se posera l’hélico pour l’évacuation.

Victoire pour les forces de sécurité de l’Arche qui repartent par la voie des airs.
Si vous voulez voir plus de détails sur cette carte, vous trouverez chez Wefrag sur cette page du blog de Channie la traduction d’une présentation complète faite à la GDC l’année dernière.
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